Dans une ruelle de Hanoï, la journée commence au son discret des bols et des baguettes, dans l’arôme du café filtre et la vapeur qui s’élève d’une marmite de bouillon. Autour d’une table basse, quelques petits tabourets en plastique rouges ou bleus sont disposés côte à côte. Certains y prennent leur petit-déjeuner, d’autres boivent du thé, tandis qu’un siège libre sert à poser un sac ou un panier de légumes rapporté du marché.
Pour les Vietnamiens, cette scène appartient au quotidien. Pourtant, elle intrigue souvent les voyageurs étrangers : pourquoi ces tabourets sont-ils si bas qu’ils semblent presque destinés aux enfants ?
La réponse ne tient pas seulement à leur aspect pratique. Légers, compacts, faciles à nettoyer et adaptés aux espaces exigus, les petits tabourets en plastique au Vietnam prolongent aussi une habitude ancienne : celle de s’asseoir près du sol pour manger, discuter et se retrouver. D’objet ordinaire, ils sont ainsi devenus une image emblématique de la vie locale vietnamienne.

Contents
- 1 Une image familière de la vie quotidienne au Vietnam
- 2 Pourquoi les tabourets en plastique sont-ils si petits au Vietnam ?
- 3 Une manière de s’asseoir bien antérieure au plastique
- 4 Quand un petit siège rapproche les gens
- 5 Les petits tabourets au rythme d’une journée vietnamienne
- 6 La culture des trottoirs vietnamiens est-elle en train de disparaître ?
- 7 Comment vivre cette expérience en respectant la vie locale ?
- 8 Un petit tabouret dans un Vietnam en pleine évolution
- 9 S’asseoir plus bas pour regarder le Vietnam autrement
- 10 Questions fréquentes sur les petits tabourets au Vietnam
- 10.1 Pourquoi les Vietnamiens utilisent-ils de si petits tabourets ?
- 10.2 Comment appelle-t-on ces petits tabourets en vietnamien ?
- 10.3 Ces tabourets sont-ils utilisés uniquement sur les trottoirs ?
- 10.4 La cuisine de rue disparaît-elle des villes vietnamiennes ?
- 10.5 Est-il difficile pour un voyageur étranger de s’asseoir sur un siège aussi bas ?
Une image familière de la vie quotidienne au Vietnam
Les tabourets bas en plastique ne se trouvent pas uniquement dans les échoppes de rue. On les aperçoit également sur les marchés, dans les cafés familiaux, au fond des ruelles, dans les cours, devant les boutiques ou lors de rencontres entre voisins.
Dans de nombreux foyers, une pile de tabourets reste rangée dans un coin avant d’être sortie à l’arrivée des invités. Dans un petit restaurant, le propriétaire peut rapidement réorganiser les places selon le nombre de clients. Et lorsqu’il ne sert pas de siège, le tabouret devient une table d’appoint sur laquelle déposer des bols, une théière, un panier ou les affaires du vendeur.
Cette présence ne relève pas d’une mise en scène conçue pour les visiteurs. Elle fait partie de la vie ordinaire et révèle la manière dont les Vietnamiens optimisent l’espace tout en s’adaptant à des lieux aux fonctions multiples.
Une table basse et quelques sièges suffisent pour transformer une petite pièce, une cour ou un coin de marché en lieu de repas et de conversation. C’est précisément cette simplicité qui a fait des tabourets rouges, bleus ou jaunes l’une des images les plus reconnaissables des quartiers vietnamiens.

Pourquoi les tabourets en plastique sont-ils si petits au Vietnam ?
Une solution adaptée aux espaces restreints
Dans les villes très peuplées, de nombreuses maisons et boutiques disposent d’une surface limitée. De grands ensembles de tables et de chaises occuperaient trop de place et seraient difficiles à déplacer. Les tabourets bas, en revanche, peuvent être installés à l’arrivée des clients, puis rangés dès la fin du service.
Grâce à leur petite taille, ils permettent aux commerçants d’exploiter une salle étroite, une cour, un emplacement de marché ou une zone autorisée tout en préservant le passage. L’organisation des lieux peut ainsi évoluer au fil de la journée.
Légers et faciles à ranger
Peu lourds, les tabourets en plastique se déplacent sans effort. La plupart sont également empilables : plusieurs dizaines de sièges n’occupent donc qu’un espace réduit lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
Cette caractéristique convient particulièrement aux lieux polyvalents. Une pièce peut accueillir un petit restaurant le matin, redevenir un espace familial l’après-midi, puis servir de point de rencontre aux voisins le soir.
On entend parfois, sur le ton de la plaisanterie, que ces tabourets sont petits afin que les vendeurs puissent les ranger rapidement à l’arrivée des autorités. Cela a pu se produire dans certains contextes, mais ce n’est pas la raison principale de leur popularité dans tout le pays. Leur mobilité répond avant tout à des besoins très concrets de flexibilité, aussi bien dans la vie domestique que dans les petits commerces.
Un entretien simple sous un climat chaud et humide
Le Vietnam connaît un climat chaud et humide, avec des pluies abondantes dans de nombreuses régions. Le plastique absorbe peu l’eau, sèche rapidement et se nettoie facilement lorsqu’il est couvert de poussière ou taché par les aliments. Cet avantage est précieux pour les petites adresses qui accueillent des clients tout au long de la journée.
Comparé à certains matériaux naturels, il demande également peu d’entretien. Lorsqu’il est de bonne qualité et correctement utilisé, un même tabouret peut accompagner longtemps la vie d’une famille ou d’un établissement.
Un prix accessible et de multiples usages
Le coût des tabourets en plastique reste généralement abordable pour les familles et les petits commerçants. Ils existent dans de nombreuses tailles et couleurs et peuvent être remplacés facilement lorsqu’ils sont endommagés.
Surtout, leur fonction ne se limite pas à celle d’un siège. Ils peuvent devenir une petite table, un support pour un plateau, un endroit où poser les courses ou une étagère improvisée. Cette polyvalence explique en grande partie la longévité de cet objet modeste dans le quotidien vietnamien.

Une manière de s’asseoir bien antérieure au plastique
Le tabouret en plastique est un objet relativement moderne. L’habitude de s’asseoir près du sol, elle, est beaucoup plus ancienne au Vietnam.
Dans les familles traditionnelles, on étendait souvent une natte sur le sol pour prendre les repas, boire du thé, préparer les aliments ou discuter. Lors des réunions familiales, cette natte formait un espace commun dans lequel chacun pouvait s’installer en cercle, sans la séparation imposée par de grands meubles.
Le fait de s’asseoir directement sur une natte ou au ras du sol se dit ngồi bệt en vietnamien, c’est-à-dire « s’asseoir à même le sol ». Avant la diffusion du mobilier en plastique, les foyers utilisaient aussi des ghế đẩu, de petits tabourets sans dossier fabriqués en bois ou en bambou.
Le plastique n’a donc pas créé la culture de l’assise basse. Il en a proposé une version plus légère, plus facile à produire et à nettoyer, mieux adaptée au rythme de la vie contemporaine. Le matériau a changé, mais le besoin d’un siège simple et modulable, autour duquel il est facile de se réunir, demeure.

Quand un petit siège rapproche les gens
L’atmosphère d’une petite adresse de quartier est souvent moins formelle que celle d’un restaurant à l’aménagement figé. Lorsqu’une personne rejoint le groupe, il suffit de tirer un tabouret supplémentaire. Des inconnus peuvent se retrouver assis côte à côte, commander le même plat ou échanger quelques mots sur le temps et la vie du quartier.
Cette position basse rapproche également les clients de la personne qui cuisine. Ils voient le restaurateur griller la viande, verser le bouillon ou terminer chaque assiette sous leurs yeux. Le repas reste ainsi intimement lié aux gestes, aux visages et au lieu qui lui donnent naissance.
Cette proximité participe au charme de la cuisine de rue à Hải Phòng, où des spécialités généreuses se dégustent au cœur des marchés, des petites échoppes et des rues animées de la ville portuaire.
Il convient toutefois de ne pas idéaliser systématiquement les établissements populaires. Une expérience réussie doit aussi respecter des conditions essentielles : l’hygiène, la sécurité, la tranquillité des riverains et le libre usage de l’espace public. « Un petit tabouret ne crée pas seulement une place où s’asseoir. Il ouvre parfois un espace où les gens peuvent se rapprocher. »

Les petits tabourets au rythme d’une journée vietnamienne
Le matin, les tabourets accompagnent un café filtre, une tasse de thé chaud ou le premier bol de phở de la journée. On s’installe dans une petite adresse ouverte sur une ruelle ou une cour, en observant le quartier s’éveiller.
Au Vietnam, le café ne sert pas seulement à commencer la journée. Il offre aussi un moment pour discuter, réfléchir ou regarder la ville vivre. Pour prolonger cette découverte, consultez notre sélection de cinq cafés vietnamiens à découvrir une fois dans sa vie.
À midi, ces sièges accueillent employés et habitants du quartier. Certaines cantines familiales ne servent qu’un ou deux plats, préparés selon un savoir-faire transmis depuis des années. Les tabourets apparaissent à l’arrivée des clients, puis sont rapidement empilés après le coup de feu.
À Hanoï, un bún chả grillé au charbon de bois dégusté dans une adresse familiale raconte bien davantage qu’un simple déjeuner. Le parfum de la viande grillée, le bol de sauce et les bruits de la rue invitent à découvrir la capitale avec tous ses sens.
À la tombée du jour, les tabourets réapparaissent dans les cours, devant les maisons ou autour des petites tables des restaurants de quartier. Une simple salutation peut devenir une longue conversation. À cet instant, la matière ou la valeur du siège importe peu : ce sont les liens entretenus autour de lui qui comptent.

La culture des trottoirs vietnamiens est-elle en train de disparaître ?
Ces dernières années, plusieurs grandes villes ont renforcé la gestion de leurs trottoirs afin de préserver le passage des piétons, la propreté urbaine et la sécurité routière. Les modalités d’organisation et de contrôle peuvent varier selon les quartiers et les périodes.
Cela ne signifie pas que les petits tabourets en plastique sont interdits ni que toute la cuisine populaire est en voie de disparition. Certains commerçants doivent simplement réduire leur installation, recevoir leurs clients à l’intérieur ou déplacer leur activité vers un marché, une ruelle, une cour ou une zone où elle est autorisée.
L’équilibre est délicat. Les villes doivent protéger la circulation des piétons et maintenir l’ordre, tandis que les petites échoppes restent liées aux moyens de subsistance des habitants autant qu’à la mémoire culturelle des quartiers.
Il s’agit donc davantage d’une transformation des espaces que d’une disparition complète. L’habitude de manger dans une petite adresse et de converser autour d’une table basse perdure, même lorsque le mobilier ne peut plus être installé librement sur tous les trottoirs.
Comment vivre cette expérience en respectant la vie locale ?
Il n’est pas nécessaire de rechercher à tout prix une échoppe installée au milieu d’un trottoir bondé pour vivre une expérience « authentique ». Un restaurant familial, un marché local, un café au fond d’une ruelle ou un espace de restauration clairement aménagé permettent tout autant d’approcher la vie quotidienne vietnamienne.
Observez la manière dont les habitants commandent et occupent les lieux. Si vous ignorez où vous installer ou souhaitez déplacer un tabouret, demandez d’abord au propriétaire. De même, sollicitez l’accord des personnes concernées avant de photographier de près le visage d’un vendeur ou d’un client.
Un guide local peut vous aider à choisir une adresse appropriée, à comprendre les plats et à saisir les règles tacites du lieu. L’expérience dépasse alors la simple recherche d’une belle photo pour devenir une véritable rencontre culturelle.
Quelques conseils pratiques
- Choisissez un tabouret stable, posé sur une surface plane.
- Asseyez-vous doucement si vous n’êtes pas habitué aux sièges bas.
- Si nécessaire, demandez au propriétaire s’il dispose d’une chaise plus haute.
- Rangez vos bagages sans bloquer le passage et gardez-les à portée de vue.
- Privilégiez les adresses fréquentées, dont l’espace de préparation paraît propre et où les plats sont servis chauds.
- Respectez les indications du propriétaire ainsi que la réglementation locale.
Un petit tabouret dans un Vietnam en pleine évolution
Aujourd’hui, certains établissements remplacent le plastique par du bois, du métal ou des matériaux plus durables. Cette évolution répond à une attention croissante portée à la qualité des produits et aux déchets plastiques.
La valeur culturelle du petit tabouret ne réside cependant pas nécessairement dans sa matière. Elle tient davantage à la manière dont les Vietnamiens organisent des espaces flexibles et créent de la proximité autour d’une table basse. Le design, le matériau ou le lieu d’utilisation peuvent évoluer, tandis que l’esprit de simplicité et de partage se transmet.
S’asseoir plus bas pour regarder le Vietnam autrement
Les petits tabourets en plastique au Vietnam racontent à la fois l’adaptation à l’espace, une ancienne habitude de s’asseoir près du sol et le besoin de créer du lien au quotidien. Alors que les villes se transforment, ils ne disparaissent pas nécessairement : ils trouvent simplement leur place dans des espaces mieux organisés.
L’expérience la plus mémorable ne consiste pas à vouloir s’installer à tout prix au milieu d’un trottoir encombré. Elle naît plutôt lorsque l’on ralentit dans une petite adresse, que l’on savoure un plat tout juste préparé et que l’on observe la manière dont les Vietnamiens se rencontrent, discutent et partagent leur quotidien.
Chez Alluvion Travel, nous aimons ces détails modestes qui révèlent la profondeur d’une destination. Un restaurant familial, un café dans une ruelle ou un repas partagé avec des habitants en disent parfois davantage sur le Vietnam qu’une longue liste de sites célèbres. Confiez-nous vos envies afin qu’Alluvion Travel imagine votre voyage sur mesure au Vietnam, au plus près de la vie locale et dans le respect de ceux qui la font vivre.
Questions fréquentes sur les petits tabourets au Vietnam
Pourquoi les Vietnamiens utilisent-ils de si petits tabourets ?
Ils prennent peu de place, se déplacent, s’empilent et se nettoient facilement. Ils prolongent également une habitude ancienne consistant à s’asseoir près du sol, bien antérieure à la diffusion du plastique.
Comment appelle-t-on ces petits tabourets en vietnamien ?
On les appelle généralement ghế nhựa, littéralement « sièges en plastique ». Le terme ghế đẩu désigne plus largement un petit tabouret sans dossier, qu’il soit fabriqué en plastique, en bois, en bambou ou dans un autre matériau.
Ces tabourets sont-ils utilisés uniquement sur les trottoirs ?
Non. On les trouve également dans les restaurants, les marchés, les cours, les ruelles, les cafés, devant les boutiques et lors de réunions familiales.
La cuisine de rue disparaît-elle des villes vietnamiennes ?
Pas complètement. L’utilisation des trottoirs est davantage encadrée, mais la cuisine populaire demeure bien présente dans les marchés, les petites adresses et les zones où cette activité est autorisée.
Est-il difficile pour un voyageur étranger de s’asseoir sur un siège aussi bas ?
Une personne peu habituée peut manquer de confort au début. Il suffit de choisir un tabouret stable, de s’asseoir doucement et de demander une chaise plus haute si nécessaire.





